02/06/2018  - 31/05/2019

Evoquer La Vache qui rit en Afrique sub-saharienne, c’est comprendre profondément ce que signifie le partage, la terre nourricière, la Terranga. Plus qu’une marque, on évoque alors véritablement une icône, une amulette africaine qui accompagne le développement des plus jeunes et soutient les anciens. Comme une évidence, nous avons imaginé une rencontre inédite entre des artistes sénégalais et des artistes occidentaux. Tous issus d’horizons différents, ils sont habités par la nécessité du dialogue interculturel comme par un jeu d’échos ou de résonnances.
Cette exposition créée les conditions d’une connivence d’artistes qui portent un regard croisé sur un pays avec une grande générosité. Avec l’œil malicieux de notre icône qui n’aura rien perdu de son regard ironique, loin de vous inviter à la contemplation des formes, l’exposition installe une expérience animée, une immersion spatiale, pour amener le visiteur à l’évocation des ambiances du Sénégal en œuvre d’art.  Comme un carnet de voyage, nous avons glané pour vous des morceaux du quotidien. Cette Afrique énorme et belle, qui bouge, crée et vibre de ses différences, qui nous émerveille, puise dans ses traditions l’expression de sa modernité.
Vous voilà transporté de l’île de Gorée chargée d’histoire à l’immensité des plages de Saint-Louis avec ses pirogues et pêcheurs, des rues du quartier Colobane de Dakar, bouillonnantes, au calme des rives du parc national du Djoudj tout au nord du pays. Le chemin que vous propose cette exposition est de vous faciliter ce voyage initiatique, de permettre cette découverte nécessaire et vitale, de vous guider à la rencontre d’un autre.

Ils ont participé à l’exposition :

Sophie Dalla Rosa – Artiste tricoteuse-crocheteuse
Artiste textile, Sophie Dalla Rosa crochète, brode, teint fils et fibres. Elle propose des sculptures, installations poétiques aux formes énigmatiques et subversives. Utilisant des techniques de travaux « ménagers » d’aiguilles, elle interroge nos paradigmes contemporains avec humour et légèreté. Ses réalisations investissent divers lieux naturels ou urbains, et sont exposées en France et à l’international.
Partie en résidence au Sénégal pour 3 semaines, elle s’est intéressée au voyage du fil au travers de mains différentes, aux techniques textiles locales auprès de tisserands, teinturiers, ou vanniers traditionnels. Son attention s’est portée sur ces gestes pratiqués au quotidien par hommes et femmes qui embellissent, subliment les matières, inventent dans le recyclage de celles ci de nouveaux usages. Pour cette exposition temporaire, elle donne son interprétation plastique de ce savoir faire, savoir être sénégalais.

Nadine Schütz – Artiste sonore
« Nadine Schütz (((Echora))) nous a accompagné au Sénégal avec ses enregistrements, micros et oreilles grands ouverts. Elle écoute le monde et s’inspire des voix, des rencontres, d’ambiances de la nature et de la vie urbaine. Pour cette exposition elle a conçu et composé la scénographie sonore sur la base des sons recueillis in situ ».
Le travail de Nadine Schütz (((Echora))) tient du paysage, de l’architecture, de l’acoustique, et du son. S’appuyant sur une recherche à la fois théorique et poétique, elle explore à différentes échelles et dans le cadre de différentes commandes la dimension sonore de l’espace, à travers des installations sonores et un travail sur les ambiances acoustiques qui mettent en relation l’urbain
et l’humain, la musique et le paysage. Nadine Schütz, née en 1983 en Suisse, vit et travaille à Paris et Zurich. Pendant quatre ans elle a dirigé le laboratoire multimédia de l’institut du paysage à la prestigieuse école polytechnique de Zurich (ETH « Eidgenössische Technische Hochschule (ETH) Zürich »), aux côtés de Christophe Girot. En 2013 sa démarche de conception acoustique
paysagère est couronnée du prix Young Researchers Thinking the Contemporary Landscape de la Fondation Volkswagen.

Valérie Besser – Graphiste
Valérie Besser travaille pour le Groupe Bel depuis 10 ans. Spécialiste des réinventions visuelles ludiques du personnage de La Vache qui rit, elle assure la création d’une partie des documents de communication de La Maison de La Vache qui rit.
Pour l’exposition temporaire NAK BOU BEG, sur le thème de « La Vache qui rit et le Sénégal », Valérie Besser s’est réappropriée certains objets typiquement sénégalais pour les réinventer dans l’univers de La Vache qui rit, de façon symbolique et détournée. C’est le cas tout d’abord de la création de mètres de natte plastique sénégalaise typique (fabriquée à Dakar) dont le graphisme
épuré et ludique à la fois est inspiré de modèles traditionnels de tissage, tout en réintroduisant le thème de La Vache qui rit dans ses motifs stylisés : portion, hachures de la boite, tête de vache, sapin évoquant le Jura, etc… Ce sont également les pirogues très colorées des pêcheurs de Saint Louis qui sont évoquées lors d’une installation graphique de proues/ objets qui revisitent l’imagerie et les couleurs traditionnelles des flancs en y insérant des références subtiles à l’esthétique de La Vache qui rit. Cette ambiance graphique se retrouve de façon magnifiée sur plusieurs murs de l’exposition, et sur les éléments de mobilier qui accueillent les visiteurs.

Meissa Fall – Artiste-sculpteur
« Je m’exprime essentiellement par la mécanique. J’observe, j’écoute et je communique avec le monde extérieur depuis mon refuge minuscule. Assis dans un recoin, immobile devant mon transistor, presque invisible, je transmets ma vision du monde, mes sentiments, et mes émotions au travers de ces pièces de ferraille. Je suis un réparateur de bicyclette. J’ai hérité le métier de
mon père et de mon grand-père. Il y a dix ans ce métier qui ne me rapportait plus que rien, j’y ai ajouté celui de sculpteur. Je recycle les pièces de vélo pour les transformer en œuvres d’art. Presque tous les après-midis je traverse la ville sur mon vélo vers un lieu où je peux souder. J’y amène des pièces détachées et rassemble des idées pour faire d’un amas de ferraille une sculpture poétique. La nuit tombée, je reprends ma bicyclette et rentre chez moi, satisfait d’avoir accompli ma mission en espérant  pouvoir partager mon savoir-faire à qui voudra le découvrir ».
« Meissa Fall est un hommes au destin lié au métal »
Meissa Fall recycle des vélos pour en faire des objets d’art, chargés de sens et de symboles. Il entretient un rapport psycho-spirituel avec le métal. Meïssa est un artiste d’un genre particulier, aussi atypique que ses étranges créatures de métal rouillé qu’il a seul le secret de faire naître de ses mains expertes et habituées à travailler sur ce matériau rude, rébarbatif, qu’est le fer. En regardant ce génie de la récupération, j’ai eu, en ce qui me concerne, la curieuse impression d’avoir pénétré dans l’antre d’Ogun, le dieu Yoruba du fer, mais aussi le patron de tous ceux qui travaillent avec ce matériau sorti des entrailles de la terre: chasseurs, agriculteurs, forgerons et aujourd’hui, chauffeurs, soldats ou, comme Meïssa lui-même, mécaniciens. Louis Camara, écrivain 

Vitau Mendy – Artiste-peintre
Vitau Mendy est né en 1984 à Saint- Louis. A l’âge de 13 ans, comme bon nombre de jeunes Saint-Louisiens, il réalise qu’il veut devenir artiste et va s’essayer à la peinture. « Je faisais l’école buissonnière pour côtoyer les artistes ». Autodidacte, il pratique la peinture depuis plus de 20 ans. Du graffiti à la peinture sur toile, en passant par la calligraphie, il évolue rapidement vers le sous-verre. Les rencontres avec ses aînés ont contribué à orienter son style de travail. Invité à toutes les biennales de Dakar depuis 2008, il a récemment participé à l’exposition Les regards sur
cours à Gorée en 2015. Amoureux de la nature et du paysage, il est inspiré par son environnement immédiat, sa ville natale en particulier. Ses productions sont généralement ancrées dans le fonds culturel wolof. Il tient depuis quelques années sa petite galerie et initie d’autres jeunes artistes à la peinture sous-verre.