
Tout commence en Suisse, en 1911 : un nouveau procédé permettant la fabrication en grandes quantités et la commercialisation du fromage fondu est mis au point...
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Cette nouvelle technique révolutionnaire est exportée quelques mois plus tard en France par trois associés, les frères Graf, qui s’installent à Dole (Jura) et dans un petit atelier secondaire, à Lons-le-Saunier.
C’est juste après l’armistice de 1918 que Léon Bel fait la connaissance des frères Graf et découvre vraisemblablement ce nouveau produit qu’est le fondu. Léon Bel est, à cette époque, à la tête d’une entreprise d’affinage et de négoce en gruyères de Comté, créée par son père en 1865 et installée à Lons-le-Saunier depuis 1897.

La période est à l’innovation, à l’abandon des vieux procédés et à la mise en place de nouvelles règles pour une nouvelle société qui veut oublier 14-18. Est-ce inspiré de cet esprit que Léon Bel décide d’abandonner le négoce et l’affinage pour se lancer dans la fabrication du fromage fondu ? Nul ne le sait, mais le virage est osé : tenter la production et la commercialisation d’un tel produit en Franche-Comté, dans un territoire où règne en souverain le roi Comté, est un pari inouï qui va pourtant s’avérer payant.
Pour réussir son pari, Léon Bel s’entoure de la meilleure compétence qui soit en la personne d’Emile Graf. En quelques mois seulement, la société Bel commercialise un premier fondu baptisé « Fromage moderne ». Deux fois en deux ans, il modifie le nom de son produit. Puis, en avril 1921, Léon Bel dépose une nouvelle marque destinée à être apposée sur tous les fondus issus de son usine et qu’il intitule « La vache qui rit »…
Comment un tel nom vient-il à l’esprit de Léon Bel ? Le déclic se produit quelques mois seulement après la démobilisation : tous les anciens du régiment dans lequel servait Léon Bel reçoivent la partition d’un fox-trot produit par un certain Clapson, qui se trouve être un de leur ancien compagnon d’armes. La première page du feuillet reprend en illustration principale l’insigne du RVF, autrement dit le dessin d’une vache hilare créée par Benjamin Rabier et que les soldats avaient, en leur temps, baptisée « La Wachkyrie », en réponse aux Walkyries, ces figures de la mythologie germanique, emblèmes de l’armée allemande pendant la Première guerre mondiale.
C’est ainsi que le 16 avril 1921, « La vache qui rit » naît officiellement. À ce nom est associé un dessin, celui d’une vache sur pieds, debout derrière une barrière, une vache joyeuse, souriante, une vache qui rit… Quelques mois plus tard, ce dessin original est repris par Rabier qui, sur les conseils de Léon Bel et de sa femme Anne-Marie, lui donne sa célèbre couleur rouge et ses fameuses boucles d’oreilles…
